Pour sa quatrième édition, BIFURCATIONS invite Charles Robinson et lui donne carte blanche pour trois jours de programmation : littératures, performances, danses, projections, musiques, et même vente aux enchères.

Un roman est une salle d’entraînement aux usages, un gymnase, des gradins. Et lire un roman, ce n’est pas être consommateur anonyme dans le flux des langues fades, mais foncer en short, couteau à la main, transpiration qui coule sur le front et les yeux. C’est toujours très physique la lecture d’un roman.

C’est pour ça que c’est bon.

Une programmation dense à retrouver en images sur le teaser :


Ou en détail sur le site du festival.
De retour à Toulouse pour le festival FIMM[+]18
festival insolite musiquemots [et + si affinitÉs]

une production Le Vent des Signes


Avec deux performances littéraires :

Fabrication de la guerre civile - vaudou

9 nov. -- médiathèque de Lorp-Sentaraille

Tu as déjà vu un corps flotter dans l’eau ? Une épaule ? Une épaule, dans une parka ? Une capuche, dans une parka moisie ? Tu as déjà vu l’onde dans l’eau derrière le corps ? Tu as déjà attrapé le vêtement d’une main, et tiré vers toi, et la manche s’est déchirée, et les lambeaux te sont restés entre les doigts, et tu les sens encore, des années après, collés, sur tes phalanges, incrustés sous tes ongles, incrustés dans ta peau ?

Infinite Loss

avec Guillaume Ertaud
17 nov. -- Le Vent des Signes 

À quoi le naufragé pourrait-il se tenir accroché, sinon à l’échec ? L’échec de cette relation-là, unique. Incapacité à réaliser, à maintenir une relation, en général. Incapacité qui s’ajoute aux échecs passés et y renvoient. Voilà ton bois flotté, ton mat déchiqueté, qui explique pourquoi la personne abandonnée est toujours vaguement antipathique aux tiers, pourquoi elle apparaît sale. La rupture est un miroir. Un miroir partiel. L’image est objectivement fausse, mais elle est réelle, et là où tu devrais être tout entier occupé par la pensée de l’autre, cette image vénéneuse empoisonne tes pensées. Ce que tu es dans la rupture. Ce qui de toi signe et cause la rupture. Ta propre faute d’exister, la manière fautive dont tu es. Tu t’y accroches dans le naufrage, et tu lui voues une haine absolue. Ce qui a été repoussé. Ce qui n’a pas été aimé. L’affreuse boule de personnalité et de blessures anciennes que tu cherches à dissimuler, que tu devras dissimuler. Ce que tu embarques dans chaque histoire, et que la rupture dévoile une fois de plus, par un grand tour de magicien tirant d’un coup sec le voile dont tu croyais être couvert.

CR_narratif | GTA voudrait jouer lui aussi. Mais, ce jeu, quelqu’un a lu les règles ?
Bégum tortille sa chaîne qui part de la narine gauche pour rejoindre l’oreille, du bout du doigt, comme une fillette de trois ans son doudou.
VP_Bégum | — Il faudra que tu surmontes ta peur.
CR_GTA | — Ouais, je sais pas pourquoi : des fois, je suis là, prêt à me battre, à y aller... et puis, j’ai le vertige.
VP_Bégum | — Ils ont une attraction. Space je sais pas quoi. Ils ressortent, ils ont les cheveux, t’y crois pas, dans tous les sens, électriques. Ça fait des boules. Porc-épic. Un truc comme ça. C’est énorme, les attractions. Ça transforme les gens. Ils viennent avec leurs poussettes. Ça en fait des monstres. J’adore.
D’une Cité qui implose, nous connaissons tous des images. Toujours les mêmes. Des silhouettes capuchonnées. Des lanceurs de feu. Des motos brûlées. Des fourgons. Un préfet.
Une sarabande de figures imposées. Des moments-spectres tirés du grand récit des peurs contemporaines.
Après l’information : nous n’avons rien vu, rien entendu.

La Cité des Pigeonniers : Budda, Popie, GTA, Bégum, Boy, DoBoï, T-Vie, Jizz... en version marathon, avec cinq dates à la file.

C'est à Nous n'irons pas à Avignon, avec un texte inédit, deux voix, vingt personnages, une création vidéo de Mathieu Catonné et une création sonore des Lena Circus.

Et même si ça a beaucoup bougé depuis, voici un extrait en session de travail.



See you there

Cité des Pigeonniers : the untold stories

création numérique

2 romans
10 bâtiments
322 appartements
1200 habitants
150 personnages
Et l’envie d’offrir encore un moment à chacun.
Une carte postale ?
Raboter un peu de présence ?

Des copeaux de textes, d’images, de vidéos, de sons. Inédits. Et des sentiers buissonniers à emprunter librement.
Arpenter. Picorer. Chercher. Deviner.

Soit un an et demi de travail, parce qu’il faut prendre soin des univers romanesques, entretenir, arroser, tailler, replanter, voir refleurir.

La Cité des Pigeonniers, mi-2018, c’est donc :

Dans les Cités – roman
Dans les Cités – pièce radiophonique
Fabrication de la guerre civile – roman
De la guerre civile, ou, Disneyland après la Bombe – pièce pour 3 musiciens et 2 lecteurs
une tripotée de live...

Alors, la balade numérique, comment est-ce que ça commence ?
En cliquant ici : Cité des Pigeonniers : the untold stories

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Cette création numérique a été rendue possible grâce à l’appui décisif de quelques complices :
Un très grand merci à vous tous.


Le livre

Pendant l’été 2016, à l’occasion d’un long voyage, Xavier Mussat a tenu un carnet de dessins accompagnant son périple.
Ce carnet été perdu à la toute fin du circuit. Il a fallu essayer de recommencer, tenter de retrouver les impressions mentales que chaque lieu du voyage avait inspiré dans un recours à l’abstraction, puis accepter l’impossibilité de les reproduire et enfin en inventer d’autres, dans un nouveau carnet.

C’est à partir de ces nouveaux dessins, de leur matière organique et aquatique que Charles Robinson a décidé d’écrire. Saisissant la question de la perte et de son rôle constituant, il livre, à travers une immersion dans les eaux troubles de l’absence et du manque, un manuel de survie à la disparition.
Fruit de cet échange, le livre Infinite loss propose également un jeu de piste cartographique (cartes imprimées sur papier calque + fiche amovible).

Édition Apocope, 2018
88 pages. 105 x 170 mm

Passer une commande sur le site de l'éditeur

Le live

Extrait de la lecture-performée du 13/09/2017 à La Marbrerie, Montreuil.


Une lecture accidentelle à profusion rythmique autour de Infinite loss.

Batteur et écrivain, Guillaume Ertaud et Charles Robinson proposent un duo inédit, associant voix musicale et polyrythmie fracasse, en explorant le terrible champ de la perte.

Nous avons tous perdu. Nous avons même tous perdu beaucoup. La perte est notre cinquième membre, notre queue invisible qui bat le sol, constamment, dans notre dos, tout le long de la fuite.