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festival Concordan(s)e 2020 

nouvelle création

En 2017, Frank Micheletti et Charles Robinson imaginaient The Spleen, une grande enquête pop à travers nos intoxications : technologiques, politiques, organiques. L’enquête prenait la forme survoltée d’une succession de tableaux colorés, passant d’un western à une épopée spatiale, un documentaire anatomique, un thriller, etc.

Avec presque quarante dates au compteur, le duo a affiné son écriture collective, sa complicité et son amitié. 
Invités à nouveau par Concordan(s)e, les deux artistes vont développer cet univers et cette écriture, continuer à enquêter sur un certain état du monde et sur nos si nombreuses façons de nous rendre patraques, défaillants ou cinglés, tout en nous ménageant des échappées, des sursauts, des ruses imparables.

No More Spleen



Clairière. Un grand pataud. Il s’amuse à recosmiser la Terre avec les sables aéroportés, les volcans, les embruns marins. Une sirène dans la fontaine veut rêver plus loin. Une cavalcade aux trajectoires abîmées. Des machinistes, en duo. Quelqu’un parle de sa vie. Regarde dans le vide, cherche ses mots. On dirait un vieux film à la pellicule poudreuse. Personne ne comprend où il veut en venir. Le genre visage farineux et les chaussures trop grandes. Il emploie des mots comme « aliénation », ou « dérisoire ». Il dérive et divague pour ne pas poser la trace grasse de ses mains sur le monde.
Il est très drôle, dit quelqu’un. Qu’est-ce qu’il nous fait rire.

Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That's how the light gets in.


En ce temps-là, il avait besoin de ses périodes de dépression comme d’autres partaient en vacances.


Dates
Lundi 24 février -- 19h00
BPI Centre Pompidou – Paris

Samedi 29 février -- 16h00
Médiathèque Louis Aragon – Fontenay-sous-Bois

Jeudi 12 mars -- 20h00
Bibliothèque-Médiathèque Rolland-Plaisance – Évreux

Samedi 14 mars -- 16h00
Médiathèque Marguerite Duras – Brétigny

Samedi 21 mars -- 18h00
Bibliothèque Marguerite Audoux – Paris

Lundi 30 mars -- 20h00
Maison de la poésie – Paris

Mardi 31 mars -- 12h00
Université Paris 13 – Bobigny

Samedi 4 avril -- 18h30
Parc Culturel - Michel Chartier – Rentilly

toutes les informations sur le site du festival Concordan(s)e





Bien sûr que c’est comme ça que ça commence.
Des basses pulsantes. Les aigus sont des tournevis qui raclent sur les parois de métal. Des lumières étourdissantes et des filles de feu. Des garçons enchantés surgis de la forêt. Cité des Pigeonniers, bâtiment B.
Quatrième étage. L’appartement a été entièrement repeint par Smiley. Un crâne simien géant crache des flammes pourpres dans le salon, le feu grille la moisissure et les écorchures dans le béton. Tout appartement a une histoire. Dans celui-ci, le couple a viré junkie avant d’être viré à son tour. Il y a des familles comme ça, hyperconciliantes, qui font bye-bye de la main aux programmes sociaux : Vous fatiguez pas pour nous. Des familles qui ont compris, sans que le ministre des Affaires sociales vienne parler des dettes de la Sainte Nation, qu’elles pompaient les budgets, que leur productivité était accessoire, que leur dissolution dans l’éther résolvait les problèmes. Pruuuuut, font les nuisibles, et il n’y a plus qu’à aérer un peu.

lieu : Silencio
142 Rue Montmartre 75002 Paris
accès sur réservation à : charles [point] robinson [arobase] ymail [point] com

jour : mardi 26 avril, 19 heures
Lecture en trois tableaux, à partir de Fabrication de la guerre civile
une lecture pour deux voix, son et vidéo
avec Violette Pouzet-Roussel



Une lecture où nous verrons

... l'ivresse
... la bonne frappe
... les émeutiers
... un Natural Born Loser DJ mix
... un prince, veste blanche, chemise dorée à fleurs de lis, chaussures de cuir safran, torse lustré


On compte sur vous pour nous aider à black-dubber tout ça.


Groupe scolaire Paul-Klee, école primaire. L’école qui nous a tous formés : GTA, M, Budda, Popie, Ly Lan, Bach Mai et moi.
Si vous voulez jouer les affranchis, ne dîtes pas Paul Klee.
Polka. Pol Key. Kapo. K Pol. K Popo. Dîtes Kamp Popol : car la langue du Quartier des Oiseaux est un art de transmutations. Une langue qui s’approprie, un code infectieux. Une langue pour adresser des messages précis à des personnes précises. Pour le grand nombre, les hurlements suffisent.

lieu : festival Hors Limites - le festival littéraire de Seine-Saint-Denis
Bibliothèque Elsa Triolet - Bobigny
4, rue de l'Union
m° 5 : Bobigny-Pablo-Picasso
tram T1 : Hôtel-de-ville-de-Bobigny

jour : jeudi 14 avril, 19 heures

Lecture en trois tableaux, à partir de Fabrication de la guerre civile
une lecture pour texte, voix, son et vidéo



Une lecture où nous verrons

... la fête
... la famille
... les émeutiers
... un immense halo noir
... une cicatrice dont on raconte aux filles l'origine dans une grande bagarre entre gangs


On compte sur vous pour nous aider à tanguer tout ça.


— Une blonde devrait savoir coudre, Ann. Pouvoir transformer n’importe quel haillon en robe dos nu. Vous n’avez jamais lu Cendrillon ? Ça, c’était des blondes. On n’en fait plus des comme ça. Elle transformait une citrouille en carrosse. C’est une question de volonté. Elle ne réclamait pas de leur homme qu’il touche un meilleur salaire. Elle ne le harcelait pas pour un treizième mois. Elles s’y mettaient. Elles lisaient la presse magazine et elles apprenaient à tresser des brindilles entre elles pour fabriquer des suspensions. Ah, rendez-moi une bonne vieille squaw capable de s’occuper des chevaux et de dresser une tente dans la prairie. Ann, rien de personnel, mais : vous savez allumer un feu avec deux silex ?

performance BE BENSHI --- Charles Robinson occupera temporairement le rôle du benshi, cet acteur qui lors de l’arrivée du cinéma au Japon interprétait en direct la bande son des films américains.
Lors de cette projection a cappella, il sera question de la victoire des mâles sur les blondes américaines, de cooking et de manucure, d’escapades sauvages et de buildings en verre.

MACVAL - samedi 19 mars, à partir de 16 heures
programme complet et détails pratiques :  http://www.macval.fr/francais/evenements-4/article/le-burlesque-performances

— Toi, Charles, tu vas faire quoi dans le quartier ? Tu vas mater ? Tu vas faire chier les gens aux Pigeonniers ?

J’achève mon verre d’eau-de-vie avant de répondre. Une eau-de-vie de prune. Très forte.
Je me sens bien dans ce barbecue. Un territoire de naissance.

lieu : Maison de la Poésie - Scène littéraire
Passage Molière 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris

jour : jeudi 25 février, 19 heures

lecteurs : Violette Pouzet-Roussel, Charles Robinson

Lecture à deux voix et en quatre tableaux, à partir de Fabrication de la guerre civile.
Une lecture pour texte, voix, corps, son et vidéo.



Une lecture où nous verrons

... comment se goupillent les déménagements, Cité des Pigeonniers
... l'intimité des gens et la pudeur
... comment relancer une machinerie sociale à l'arrêt
... la démocratie
... des vikings
... un prédateur alpha en liberté
... des petits fours violets à la truffe
... des gestes superstitieux pour prévenir un désir de vengeance

On compte sur vous pour nous aider à débrouiller tout ça.

Qu’est-ce qu’une Cité ? Une somme de noms de lieux et de noms de personnes, des amitiés et des amours, des aventures sociales, des djobeurs exploités, des réussites qui font chaud au cœur, des déceptions et des encrages sur les murs, des colères ravageuses, des mômes qui dansent dans la lumière néon, des petits barbeuks le dimanche vers treize heures, des toits ensoleillés où installer des transats, des ronds-points avec le blason de la ville dessiné en fleurs, des accélérations en quad (zou la ligne droite), des cartons dans ton cœur (œillade en coin), des refrains entêtants, des drames érotiques, des naufrages terribles : les Cités, c’est la vie, en très fort.
C’est tout cela qu’il faut rendre, par l’invention, l’énergie, la multitude des voix et des sons, des présences. Former le temps d’une nuit une Cité éphémère, bourrée d’histoires et de passions. Vivre dans la langue.

"Dans les Cités" est une fresque romanesque, courant sur 1.300 pages, commencée avec la parution de "Dans les Cités" (collection Fiction & Cie, éd. du Seuil, 2011) et qui se poursuivra avec la parution de "Fabrication de la guerre civile" (toujours chez Fiction & Cie, éd. du Seuil, janvier 2016).
Les deux romans explorent une Cité fictive, la Cité les Pigeonniers, dans une ville nouvelle de la banlieue parisienne, au moment où la Cité va être démolie et ses habitants dispersés.

Pour la Nuit Blanche, cette fresque s’installe le temps d’une nuit dans l’église Saint-Bernard, dans le quartier de la Goutte-d’Or, avec un dispositif inédit : un râga nocturne.

Un Râga est une structure conçue pour créer un climat émotionnel, lié à un moment du jour ou une saison.

Nous nous appuyons sur cette conception du râga pour créer une lecture associant 2 voix, 3 musiciens (deux guitares et un ensemble de percussions), 20 chapitres du cycle spécialement réécrits, 50 personnages.
  • lecteurs : Charles Robinson, Violette Pouzet-Roussel
  • musiciens : Lena Circus
  • scripteurs en direct : Corinne Colombel, Fredde Rotbart, Manu Thuret
"Dans les Cités – râga nocturne" est une visite mentale, une succession de récits et de rencontres, qui invite à se poser, au cours des longues marches propres à la Nuit Blanche, pour écouter un moment de lecture, déambuler dans l’église, alors que 3 scripteurs y transcrivent le texte en direct.

Le projet est en cours de production. N'hésitez pas à nous soutenir.
Teaser vidéo, pistes visuelles, description complète et news sont disponibles sur sa page ulule : http://fr.ulule.com/cites-raganocturne/
Le soir, la Leopoldstrasse s’allume comme une cathédrale. Sur les gazons brûlent des bougies, éclairant des peintures et des dessins posés à même le sol, ou appuyés contre les arbres. Partout des roses flamboient, rouge sang, orangées, jaune-thé, blanches à la chair transparente. Les gosses montent la garde pendant que j’en cueille en cachette, pour mettre la nuit dans mes cheveux. Ces roses, ce sont mes plus beaux bijoux, elles m’accompagnent dans mes promenades nocturnes. Elles tiennent jusqu’à l’aube et le jour j’en vole d’autres. Elles me consolent et me protègent.


Publié pour la première fois en 1974, Le Noir est une couleur, texte de Grisélidis Réal, expose une liberté crue gagnée par les flamboyances.

La vidéo présente un extrait de la lecture live de 30 minutes créée lors du programme "Pour des lectures sauvages", résidence de Charles Robinson aux Lilas dans le cadre du dispositif départemental "Écrivains en Seine-Saint-Denis".

texte : Grisélidis Réal
voix : Violette Pouzet-Roussel
son, image : Charles Robinson


Grisélidis Réal rapporte sur un ton lyrique sa fuite des terres ordonnées vers l’Allemagne, accompagnée d’un étudiant en médecine noir et schizophrène et de ses deux enfants.
Sur place, très vite, la misère gagne. Malgré le sexe, les relations s’enveniment. Grisélidis Réal passe une grande partie de ses soirées à danser dans des bars et finit par faire des passes pour nourrir tout le monde et payer le loyer.
Sa vie devient sordide. Il n’y a aucune complaisance à la misère dans l’écriture de Grisélidis Réal, pas plus d’apitoiement que de fantasme sur la pauvreté heureuse. Ce que Réal décrit, c’est la joie des êtres libres : prostituées, noirs, tziganes. L’appétit de vie violent de ceux qui veulent jouir de leur être et de leur espace, de leurs mouvements, ce court temps de leur passage sur terre. Réal condamne moins la misère qu’elle ne condamne la pauvreté de cœur et la peur des bourgeois, leur façon de profiter des faibles, leur sécheresse, leur police, leur violence morale.
Réal demande une chose très simple : qu’on lui foute la paix et qu’on la laisse vivre comme elle l’entend, elle et ses enfants. Elle accepte de payer le prix de sa liberté : c’est-à-dire le prix de ses choix, et non le prix de la condamnation que la société porte sur ces choix.
Cette position sera celle qu’elle défendra par la suite dans son combat en faveur des prostituées, rappelé dans un court texte ultérieur qui clôt le livre, et qui pose avec beaucoup de force la dignité des femmes putains.

Ce qui frappe, chez Réal, c’est la façon de plonger profondément le bras dans la merde : son emportement, sa langue batailleuse et querelleuse, son empoigne, sa mauvaise haleine soufflée à la gueule de la bonne société.
Réal vit dans la rage et le tapage, dans le claquement de hauts talons sur les trottoirs et les pantalons de lamé rose. Réal sent la cocotte, éclate de fard et de khôl, piaille d’une voix de pétroleuse. Il y a beaucoup de partis pris chez Réal, des jugements à l’emporte-pièce et de l’aveuglement, mais ce débordement de la joie d’être dans l’écriture impose le texte : il n’est pas fait de jugements et d’opinions, il est le miroir d’une vie, il est la trace que laisse un être vivant dans le monde.

Le texte n’est pas très vieux, il semble pourtant écrit dans une langue étrangère dans son rapport assumé à l’idée d’une race noire et à la spécificité (valorisée) des noirs sur les autres humains. Il est en cela un bon reflet d’une culture pas si lointaine.

Sur la prostitution, Réal rappelle qu’elle joue un rôle précieux, en donnant du plaisir à ceux qui n’en ont pas, qui ont obtenu la notabilité, la famille, la carrière au prix d’une privation du désir, du fantasme, du plaisir. Les putes aident à vivre, énonce Réal, il y a beaucoup d’hypocrisie à les condamner.
Réal ne masque pas la dureté de la prostitution, la saleté, la peur, les coups, les maladies, l’abattage. Aucune idéalisation. Réal ne dissimule pas le sordide.
Mais Réal assume son choix : une forme de vie. Elle dit aussi le plaisir qu’elle a avec certains de ses clients et que l’ivresse continue de ses nuits et les orgasmes qu’elle y gagne lui semblent préférables à une vie lissée et policée. 

La neuvième Nuit Remue propose un large programme de lectures, le samedi 13 juin, à la bibliothèque Marguerite Audoux (75004)
Avec entre autres : Suzanne Doppelt, Oscarine Bosquet, Amandine André, Patrick Beurard-Valdoye...

Avec la comédienne Violette Pouzet-Roussel, nous lirons un extrait d'un travail en cours tiré du cycle "Dans les Cités".
Quand le journaliste grec lui demande de définir sa musique, Mooz, répond :
— Personne ne peut le faire.
Et parce que le journaliste insiste, Mooz se souvient : des commentaires, des critiques, de la glose glanée, comme autant de sciure tombée des cerveaux défoncés par la vrille.
Ils invoquent le reggae version spleen, les basses plus lourdes que la disco, les pures syncopes hydrophoniques, le rap hardcore chicagoan, les danseuses en boxer argent qui descendent des étoiles, l’écriture polytonale inversée, le zouk bulgare interprété par des orphelines, Antonio Vivaldi enfin transcrit pour doom metal, le rock progressif allemand période machine, Tchaïkovski joué par des punks à Téhéran, la house réduite en musique de chambre et pour orchestre à cordes.

programme : Nuit Remue 9



Le festival Bruits Blancs lance sa 4ème édition. Soit trois jours de musique improvisée et de rencontres toniques.

Samedi 22 novembre, littérature et musique se croisent avec des collaborations inédites.

Ce sera l'occasion de lire un extrait de "Fabrication de la guerre civile" -- prochain roman --, en compagnie de Benjamin Miller à la guitare multiphonique et préparée.

Avec aussi : Petrol (Lancelot Hamelin, Sylvain Levey, Philippe Malone, Michel Simonot), Éric Pessan, Violaine Schwartz, Cécile Loyer, Franck Vigroux, Hélène Breschand...

le site du festival
le site de Benjamin Miller

Le festival midiminuitpoésie commence le 9 octobre, avec beaucoup d'invités et d'expérimentations : Philippe Jaffeux, Fabienne Raphoz, Mathias Richard, Claude Favre & François Corneloup, Patrick Beurard-Valdoye...

J'y serai pour une lecture live et outside le samedi 11 octobre.

L’histoire de la famille, c’est la déqualification des emplois ouvriers.
Son père était chef d’atelier mécanique. Sa mère réceptionnaire. L’amour à l’usine. Belles situations. Une nouvelle voiture tous les six ans. Camping à la plage chaque été.
Sa mère a vu arriver les premiers bacheliers, comme des pucerons assoiffés de sang humain. Toutes les semaines, une personne de plus de cinquante ans disparaissait, happée par la reconversion. 

Programme complet sur le site du festival :

Un court moment d’inattention, la fatigue inévitable à la longue. Hurlement terrorisé dans la pièce du fond. Nous avons tous assisté à ces carnages.
Quand on surgit, il est trop tard : le libraire tient son bras lacéré, le radius à découvert, la main déportée en arrière et la face dorsale du poignet déformée par la saillie du fragment distal, un morceau de barbaque gros comme le poing arraché, happé entre les pages 12 et 13 d’un des prix littéraires d’automne.

Nous sommes tous infectés, dit quelqu’un. En vrai, nous sommes tous porteurs du virus du roman nouille. Il est dans notre sang. Chacun de nous, à tout instant, peut devenir vecteur de l’épidémie.
Un moment d’inattention, dit quelqu’un. Un cadeau, à Noël.
Comment peut-on continuer à vivre en sachant cela ? 

ZOMBIES associe Violette Pouzet, Charles Robinson et Alexis Tolmatchev dans une lecture / performance / conférence basée sur le texte ils grouillent dans nos pensées ils ont faim de Charles Robinson.





tous les détails sur le site de Khiasma
et sur le mini-site dédié à la lecture de Zombies
Quatrième extrait vidéo des lectures réalisées au cours de la résidence Pour des lectures sauvages, dans le cadre du dispositif départemental « Écrivains en Seine-Saint-Denis ».

Cette fois, lecture de Les mouflettes d'Atropos, texte de Chloé Delaume.
La lecture est donnée au marché couvert des Lilas, le 22 juin 2013.

Dispositif : texte du roman, voix, bande-son, marché, étals, cagettes, couteaux, corps, cuisine, aliments divers, laine



Chorégraphie, danse : Sandra Abouav
Son, voix, montage : Charles Robinson
Scénographie : Alexis Tolmatchev

captation : Daniel Purroy
Troisième lecture du cycle Pour des lectures sauvages.
Un dispositif vidéo / bande son / voix à partir du roman Dans les Cités.

lecture donnée le 1er juin 2013, aux Lilas.


Texte, son, voix, image : Charles Robinson


Lecture dansée avec la chorégraphe Sandra Abouav, dans un marché couvert de la ville des Lilas, dans le cadre de la résidence Pour des lectures sauvages.

Il y a des livres-somme, celui-ci est un livre-deuil. Les mouflettes d’Atropos s’ouvre sur une cuisine cannibale, où une schizo-narratrice grenouillée par des voix se lance dans un double cooking : de la maîtresse de son homme, qu’elle sert à celui-ci, et de son homme lui-même. Après quoi, logiquement, l’homme la quitte, la maîtresse n’était pas morte du tout, les deux se mettent ensemble. Chloé les hallucine et perd pied. Lance un avatar dans la prostitution. Prend un amant (hilarant protocole scientifique avec un étudiant-bébé qui finira lui aussi massacré). Se racornit. Au final, cesse quelque chose : vivre, souffrir, on ne sait pas exactement, cesse cette période de sa vie où elle était souffrante du deuil et vivante par lui.
Première lecture du cycle Pour des lectures sauvages.
Un dispositif piano et voix à partir du texte univers, univers de Régis Jauffret.

lecture donnée le 27 avril, aux Lilas.




Voix : Charles Robinson
Création sonore, piano : Delphine Dora
Images, scénographie : Alexis Tolmatchev

Soirée de lancement de la résidence aux Lilas, avec un double programme de lectures.

> Le noir est une couleur, de Grisélidis Réal, lu par Violette Pouzet. Publié pour la première fois en 1974, le texte expose une liberté crue gagnée par les flamboyances.

Le soir, la Leopoldstrasse s’allume comme une cathédrale. Sur les gazons brûlent des bougies, éclairant des peintures et des dessins posés à même le sol, ou appuyés contre les arbres. Partout des roses flamboient, rouge sang, orangées, jaune-thé, blanches à la chair transparente. Les gosses montent la garde pendant que j’en cueille en cachette, pour mettre la nuit dans mes cheveux. Ces roses, ce sont mes plus beaux bijoux, elles m’accompagnent dans mes promenades nocturnes. Elles tiennent jusqu’à l’aube et le jour j’en vole d’autres. Elles me consolent et me protègent. 

> Dans les Cités, de Charles Robinson, lu par l'auteur.
Peut-être n’y a-t-il jamais eu que deux modalités dans les Cités : plein jour noyé de soleil, et celle-là coco tu me la gardes pour les panneaux publicitaires, et puis sérénité, dans une obscurité étale où les grillons sont équipés du nouveau modèle d’ailes silencieux confort nocturne, en double page à l’intérieur du catalogue. La nuit embaume les Cités. Partie des rues les plus étroites où elle lève ses ombres, elle voile les immeubles d’une gaze opaque et tend de l’un à l’autre ses pans, comme les enfants balancent entre deux dossiers de chaise un drap pour servir de cabane. Chut... Les rideaux de fer sont tirés et lourdement cadenassés. Impossible de savoir à cette heure si les locaux sont abandonnés, si le quartier a été définitivement déserté par la gent commerçante. Aucune activité, aucune livraison, aucun de ces mouvements internes à la ville qui recharge ses accumulateurs, reconstitue ses stocks, répartit ses humains, les occupe et les purge dans des bars, des restaurants, des boîtes de nuit. Les familles se dorlotent et se verrouillent. La vie est rangée. 


>>>> Le site de la résidence

Dans le cadre de la résidence Pour des lectures sauvages

Elle a en tête la mélodie d’une chanson qui sévissait dans son enfance et qu’elle a entendue la veille à la radio. Elle pense aussi à une lettre d’injures qu’elle voulait écrire à son père quand elle avait quinze ans, au rouge du gland des hommes, à leur manière cocasse d’être nus, au bruit de l’ascenseur quand il s’arrête à l’étage. Elle se dit que demain elle téléphonera au syndic pour lui demander de baisser d’un ton le son de l’interphone qui écorche l’oreille comme une explosion, et si elle en a le courage elle écrira un petit poème qu’elle fera brûler ensuite dans l’évier avec l’étrange satisfaction d’accomplir un indispensable sacrifice qui sauve sa journée de ce vide absolu qui l’effraie.
Le soir, ils se rendront chez les Pierrot et ils devront se baigner dans leur piscine couverte avant le dîner. 

le livre

Une femme attend le retour de son époux. Ils ont ce soir-là des invités, riches et fantasques propriétaires d’une maison avec piscine. Dans cet entre-deux, tout l’univers des possibles va déferler dans leur appartement, en boucle, grâce à une langue potentielle, aussi tranchante qu’un couteau.

aaaa univers, univers est un roman de Régis Jauffret, publié aux éditions Verticales.

Prix Décembre 2003

la lecture

voix : Charles Robinson
création sonore, piano : Delphine Dora

les infos pratiques

Samedi 27 avril, 18 heures

Espace Louise Michel
38 boulevard du Général-Leclerc, 93260 Les Lilas

réservation conseillée au : 01 48 46 64 80
Retour en forme de débriefing vidéo sur le festival Le Banquet, organisé à Montreuil en septembre et octobre 2012 dans une ancienne marbrerie. Deux week-ends d'expositions, installations, lectures et performances.



Avec : Bert Belanger [sérigraphie] Antoine Bourguilleau [basse et direction] Criss Cusson [peinture] Frédéric Develay [arts plastiques] Karina Duhamel [creative cooking] Virginie Dollat [vidéo] Joël Galinski [batterie] Philippe Malone [écrivain] Jean-Rémy Papleux [guitare] Violette Pouzet [comédienne] Daniel Purroy [peinture] Charles Robinson [livre et performance] Alexis Tolmatchev [installation]

Un film de Sandra Detourbet

Un extrait vidéo de la lecture avec dispositif électronique (image, bande-son) donnée au Lieu Unique, à Nantes, le 15 février 2012.



Réal. : Charles Robinson
Dans le cadre du festival Arto - Saison en Rue du festival de Ramonville, du 15 au 17 juin 2011, reprise de l'adaptation théâtrale de Génie du proxénétisme par le Groupe Merci.

Toutes les infos en cliquant sur l'image :